
UN AN DU PRÉSIDENT DIOMAYE FAYE | UNE VOLONTÉ AFFIRMÉE DE TRANSFORMER EN PROFONDEUR LE SYSTÈME ÉDUCATIF

La Coalition des Organisations en Synergie pour la Défense de l’Éducation Publique (COSYDEP) a récemment publié un rapport mettant en lumière les défis du système éducatif sénégalais ainsi que les réformes engagées par le nouveau régime. Cette analyse, fondée sur des documents politiques et techniques de référence, souligne les avancées, les obstacles persistants et les orientations stratégiques pour une éducation plus inclusive et performante.
D’après le rapport, le nouveau gouvernement a manifesté sa volonté de repenser en profondeur le système éducatif afin d’apporter des solutions concrètes aux problématiques identifiées. Parmi les initiatives phares mises en place, deux concepts majeurs émergent :
Le concept de « Société éducative » repose sur une implication renforcée de toutes les composantes de la société (parents, enseignants, acteurs économiques et institutionnels) dans l’éducation des citoyens. Cette approche vise à sortir du schéma classique où l’éducation est perçue comme une responsabilité exclusive de l’État, en encourageant une synergie entre les parties prenantes pour améliorer l’apprentissage et l’accompagnement des élèves.
Une autre réforme majeure est la NITHÉ, qui reconnaît l’école comme un second lieu de socialisation après la famille. Elle met l’accent sur la transmission des valeurs, la formation civique et citoyenne, ainsi que sur la nécessité d’un cadre éducatif épanouissant, inclusif et en phase avec les réalités socio-culturelles du Sénégal.
Face aux 1,5 million d’enfants encore hors du système scolaire et au déficit de 48 696 salles de classe et de 4 527 enseignants, le gouvernement a engagé des actions concrètes :
Pour pallier le manque criant de personnel éducatif, un recrutement spécial de 2000 enseignants a été lancé. Toutefois, la COSYDEP insiste sur l’importance d’un recrutement transparent et basé sur un concours, afin d’éviter des pratiques contestées par le passé, telles que les quotas sécuritaires.
L’état des infrastructures reste un défi majeur, avec 7 145 abris provisoires recensés à travers le pays. Le gouvernement s’est engagé à résorber ces abris provisoires d’ici 2029, en modernisant les infrastructures et en intégrant le numérique et l’intelligence artificielle dans les établissements scolaires.
La refonte du système éducatif passe aussi par l’intégration des langues nationales, des daraas (écoles coraniques) et de l’anglais dans l’enseignement. Par ailleurs, la digitalisation de l’éducation est mise en avant comme un levier essentiel pour moderniser les processus éducatifs et administratifs.
Le rapport préconise une hausse du budget d’investissement dans le secteur éducatif, afin de rendre les écoles plus sûres, plus propres et mieux équipées.
La question du port du voile dans les établissements scolaires reste une source de débat. La COSYDEP appelle à ce que l’école demeure un espace de cohésion sociale et de respect mutuel, loin des tensions religieuses et identitaires.
Dans sa vision de réforme, le gouvernement entend consolider les cadres de dialogue pour suivre l’évolution des engagements pris et répondre aux besoins spécifiques des zones vulnérables. Il mise aussi sur la création de partenariats intra et intersectoriels, notamment en exploitant les opportunités technologiques pour anticiper les crises et garantir une éducation de qualité pour tous.
Bien que les défis restent nombreux, le nouveau régime affiche une ambition claire : transformer l’éducation sénégalaise en un système performant, inclusif et adapté aux enjeux du 21ᵉ siècle.